Découvrez l'atelier 23 l'atelier de poterie

La potière « moi », j’ai de nature, l’œil curieux. J’ai l’amour de la terre, celui qui rend double plaisir du café. J’oublie modes et tendances, laisse les valeurs sûres au marchand d’art et vous trouble avec un saladier, un pichet, une suspension.
Il y a dans mon atelier, des odeurs, de la chaleur et des petits airs de bric-à-brac. C’est là que commence le dialogue de la terre. Mon langage :  des pots qui sèchent sur les planches. Mes mains sont fermes et douces, elles pétrissent, centrent, creusent, pincent, étirent. Gestes milles fois répétés pour oublier la contrainte, laisser aller l’idée.

J’aime la liberté. Le bout de mes doigts forme un galbe, caresse un ventre, un col, une lèvre. La boule d’argile devient un récipient, l’invite à recevoir. Sur la peau de terre je forme un bec, tire une anse, pose un mamelon, l’invite à servir. J’aime le fonctionnel. Cuisinier sans toque, allure de merlin, je pèse mes poudres, ajoute chrome, cobalt et la recette secrète du grand-père. Je fouette, tamise la crème, songe des matières et de couleurs. Je sors seaux, louches et casseroles, mon bras prend le tempo, fait corps avec le pot, l’engobe glisse, prend le mouvement, suit le rythme de ma main, hésite, change de sens, encore une passe, balance à droite, balance à gauche, le pot roule, le poignet ferme sûr, puis une saccade pour la goutte. Une pause s’impose.

Entre quilles et plaques je glisse les pots, place et déplace avec mesure. Je monte ma tour, jeu d’équilibre et d’espace. Clôt la porte, abandonne les pots à l’indispensable compagnon, et met le feu à mes rêves. Il y a dans mes pots, mes recherches, ma simplicité et des petits airs de ma vie. Le bel utile prend vie à l’instant où le charme de l’objet a trouvé sa cible, dans nos mains avec l’émotion des sens.

La Potière